Mardi 8 avril 2008
 

 

 

 

Au commencement, ça se dilate. Les seins bourgeonnent, ton corps s'épanouit tout en douceur. Ton humeur suit le mouvement, chaque variation est amplifiée. En même temps que dehors ça s'élargit, dedans ça se creuse. Un vide s'expanse. Du creux du vide émerge un corps étranger. Infime présence. Tandis que ça gonfle et que ça creuse, ça pousse. Ca pousse de plus en plus. Et plus tu es grosse plus tu te sens à l'étroit. Ton espace diminue au fur et à mesure que le sien augmente. Toi, tu ne fais rien. Tu ressens, tu observes. Ca se fait, tu n'y es pour rien. Ca pousse. Que tu fasses place ou que tu résistes. Ta volonté n'y est pour rien ni même ton intelligence. Tu es le vase. Ni plus ni moins. Tu accueilles, tu contiens, le temps nécessaire…Même retenir tu ne le peux pas. Le moment venu, il naîtra. Tu n'es que réceptacle et témoin de la création. Tu n'as rien d'autre à faire qu'à laisser faire. Le processus à l'œuvre te dépasse totalement. Tu n'en perçois qu'une infime partie. Tu réalises l'étendue de ton ignorance. Tu t'émerveilles du miracle de la vie. Tu te tais. Tu écoutes. Tu t'effaces.

 

                                                                           n'ÊTRE…

 



18 mars 008

par lili cosmonde publié dans : ça pousse...
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Mardi 4 mars 2008






ça respire… 







les mots à tire d’aile désertent le ciel… 







informel et mouvant… 







vide plein…
 





 

par lili cosmonde publié dans : être
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Mardi 19 février 2008
par capra publié dans : voir
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Mardi 12 février 2008

Mars de Fritz Zorn
 
Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul. Je descends d’une des meilleures familles de la rive droite du lac de Zurich, qu’on appelle aussi la Rive dorée. J’ai eu une éducation bourgeoise et j’ai été sage toute ma vie. Ma famille est passablement dégénérée, c’est pourquoi j’ai sans doute une lourde hérédité et je suis abîmé par mon milieu. Naturellement, j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire. Cela dit, la question du cancer se présente de double manière : d’une part c’est une maladie du corps, dont il est bien probable que je mourrai prochainement, mais peut-être aussi puis-je la vaincre et survivre ; d’autre part, c’est une maladie de l’âme, dont je ne puis dire qu’une chose : c’est une chance qu’elle se soit enfin déclarée. Je veux dire par là qu’avec ce que j’ai reçu de ma famille au cours de ma peu réjouissante existence, la chose la plus intelligente que j’aie jamais faite, c’est d’attraper le cancer. Je ne veux pas prétendre ainsi que le cancer soit une maladie qui vous apporte beaucoup de joie. Cependant, du fait que la joie n’est pas une des principales caractéristiques de ma vie, une comparaison attentive m’amène à conclure que, depuis que je suis malade, je vais beaucoup mieux qu’autrefois avant de tomber malade. Cela ne signifie cependant pas que je veuille qualifier ma situation de particulièrement agréable. Je veux dire simplement qu’entre un état particulièrement peu réjouissant et un état simplement peu réjouissant, le second est tout de même préférable au premier.
Je me suis donc décidé à noter mes souvenirs dans ce récit. Autrement dit, il ne s’agira pas ici de Mémoires au sens ordinaire, mais plutôt de l’histoire d’une névrose ou, du moins, de certains de ses aspects. Ce n’est donc pas mon autobiographie que j’essaie d’écrire ici, mais seulement l’histoire et l’évolution d’un seul aspect de ma vie, même s’il en est jusqu’à présent l’aspect dominant, à savoir celui de ma maladie. Je voudrais essayer de me remémorer le plus de choses possibles ayant trait à cette maladie, qui me paraissent typiques et importantes depuis mon enfance.
par Fritz Zorn publié dans : l'ivresque...
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Lundi 31 décembre 2007


" Fais n’importe quoi, mais tires-en de la joie." 
  Henry Miller 


Quelle meilleure déclaration d’intention pour l’année qui s’annonce ?



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" Soyons fous, demandons l’impossible !  " Che Guevara



Que nos plus beaux rêves se réalisent…


par lili cosmonde publié dans : chez lili
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Samedi 8 décembre 2007
publié dans : voix
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Samedi 8 décembre 2007

 

 

 www.meredithmonk.org/

meredith-monk.jpg

fr.youtube.com/watch  

Meredith Monk par Guy Scarpetta

La première fois que je l'ai vue, c'était aux tout débuts du Festival, en 1974, au Musée Galliera, - dans une "performance", précisément, qui s'appelait Our Lady of Late.Elle était assise derrière un verre d'eau dont elle tirait, en promenant son doigt humecté sur le bord, des sons vibrants, cristallins, ondoyants. Sa voix accompagnait le son: j'avais été saisi, d'emblée, par le vertige inouï que cette voix suscitait: séquences cadrées, rythmes dans le rythme, chutes, dérives, accélérations, grondements, modulations, multiplication à l'infini des foyers d'émission. Une voix qui semblait avoir traversé toutes les cultures (avec des échos orientaux, africains, japonais), tous les âges (pépiements de petite fille, roulements rauques de vieil ogre), - et qui pouvait se métamorphoser sans fin, se précipiter en piaillements, roucoulements, hululements, hurlements chavirés, halètements. Jamais, sans doute, je n'ai ressenti à ce point ce que pouvait être l'ivresse d'une voix chauffée à blanc, excédant toute commune mesure.


Au commencement, chez elle, est la voix, toujours. C'est là que quelque chose s'ouvre, qui semble provenir d'avant la langue, d'avant les paroles (et peut-être même: ce que l'on doit oublier lorsque l'on apprend à chanter), - et qui se situe, aussi, souverainement au-delà. Un soufffle incarné qui passe par la gorge, le ventre, le crâne, la poitrine, les sinus. Un tissu très complexe de vibrations, d'ondulations, de scansions. Capable de se ramifier, de se spiraler. D'être à la fois du côté de l'animalité, et du côté de la pureté aérienne, délivrée. Rien ne se passe si l'on n'accepte d'entrer dans cette voix, dans sa légèreté, sa véhémence, ses spasmes, sa gratuité. De refaire avec elle le trajet qui va du soufffle vers la chair, en traversant toutes les réverbérations, toutes les cavités. Le monde, alors, s'allège, se dissout, dans un flux tout à la fois pathétique, désinvolte, indécent, détaché, violent, poignant.

(...)
www.festival-automne.com/public/ressourc/publicat/1992ouvr/mosc146.htm
par guy scarpetta publié dans : voix
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Lundi 12 novembre 2007

w
 
tout repose comme mes mots

w
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Lundi 12 novembre 2007
undefined



" L’arbre gémit, soupire, pleure d’une voie humaine. (…) On croit que c’est le vent, mais c’est aussi souvent leur circulation intérieure, moins égale qu’on ne le croit, les troubles de leur sève, les rêves de l’âme végétale. "

Jules Michelet (1798-1874)
par michelet publié dans : sources
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Lundi 12 novembre 2007




De ton sourire

 
Entrebâille la porte

 
Eclat d’un matin 

 

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"L'homme comme l'arbre est un être où des forces confuses viennent se tenir debout." Gaston Bachelard

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Être artiste
, c'est ne pas compter, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste, confiant, aux grands vents du printemps, sans craindre que l'été puisse ne pas venir. L'été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s'ils avaient l'éternité devant eux.

Rainer Maria Rilke   Lettres à un jeune poète

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