Au commencement, ça se dilate. Les seins bourgeonnent, ton corps s'épanouit tout en douceur. Ton humeur suit le
mouvement, chaque variation est amplifiée. En même temps que dehors ça s'élargit, dedans ça se creuse. Un vide s'expanse. Du creux du vide émerge un corps étranger. Infime présence. Tandis que ça
gonfle et que ça creuse, ça pousse. Ca pousse de plus en plus. Et plus tu es grosse plus tu te sens à l'étroit. Ton espace diminue au fur et à mesure que le sien augmente. Toi, tu ne fais rien.
Tu ressens, tu observes. Ca se fait, tu n'y es pour rien. Ca pousse. Que tu fasses place ou que tu résistes. Ta volonté n'y est pour rien ni même ton intelligence. Tu es le vase. Ni plus ni
moins. Tu accueilles, tu contiens, le temps nécessaire…Même retenir tu ne le peux pas. Le moment venu, il naîtra. Tu n'es que réceptacle et témoin de la création. Tu n'as rien d'autre à faire
qu'à laisser faire. Le processus à l'œuvre te dépasse totalement. Tu n'en perçois qu'une infime partie. Tu réalises l'étendue de ton ignorance. Tu t'émerveilles du miracle de la vie. Tu te tais.
Tu écoutes. Tu t'effaces.
n'ÊTRE…
18 mars 008
ça respire…
les mots à tire d’aile désertent le ciel…
informel et mouvant…
vide plein…
par lili cosmonde
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" Fais n’importe quoi, mais tires-en de la joie." Henry Miller
Quelle meilleure déclaration d’intention pour l’année qui s’annonce ?

" Soyons fous, demandons l’impossible ! " Che Guevara
Que nos plus beaux rêves se réalisent…
www.meredithmonk.org/
fr.youtube.com/watch
Meredith Monk par Guy Scarpetta
La première fois que je l'ai vue, c'était aux tout débuts du Festival, en 1974, au Musée Galliera, - dans une "performance", précisément, qui
s'appelait Our Lady of Late.Elle était assise derrière un verre d'eau dont elle tirait, en promenant son doigt humecté sur le bord, des sons vibrants, cristallins, ondoyants. Sa voix
accompagnait le son: j'avais été saisi, d'emblée, par le vertige inouï que cette voix suscitait: séquences cadrées, rythmes dans le rythme, chutes, dérives, accélérations, grondements,
modulations, multiplication à l'infini des foyers d'émission. Une voix qui semblait avoir traversé toutes les cultures (avec des échos orientaux, africains, japonais), tous les âges (pépiements
de petite fille, roulements rauques de vieil ogre), - et qui pouvait se métamorphoser sans fin, se précipiter en piaillements, roucoulements, hululements, hurlements chavirés, halètements.
Jamais, sans doute, je n'ai ressenti à ce point ce que pouvait être l'ivresse d'une voix chauffée à blanc, excédant toute commune mesure.
Au commencement, chez elle, est la voix, toujours. C'est là que quelque chose s'ouvre, qui semble provenir d'avant la langue, d'avant les paroles
(et peut-être même: ce que l'on doit oublier lorsque l'on apprend à chanter), - et qui se situe, aussi, souverainement au-delà. Un soufffle incarné qui passe par la gorge, le ventre, le crâne,
la poitrine, les sinus. Un tissu très complexe de vibrations, d'ondulations, de scansions. Capable de se ramifier, de se spiraler. D'être à la fois du côté de l'animalité, et du côté de la
pureté aérienne, délivrée. Rien ne se passe si l'on n'accepte d'entrer dans cette voix, dans sa légèreté, sa véhémence, ses spasmes, sa gratuité. De refaire avec elle le trajet qui va du
soufffle vers la chair, en traversant toutes les réverbérations, toutes les cavités. Le monde, alors, s'allège, se dissout, dans un flux tout à la fois pathétique, désinvolte, indécent,
détaché, violent, poignant.
(...) www.festival-automne.com/public/ressourc/publicat/1992ouvr/mosc146.htm
par guy scarpetta
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w
tout repose comme mes mots
w

" L’arbre gémit, soupire, pleure d’une voie humaine. (…) On croit que c’est le vent, mais c’est aussi souvent leur circulation intérieure, moins égale
qu’on ne le croit, les troubles de leur sève, les rêves de l’âme végétale. "
Jules Michelet (1798-1874)
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