Presque tous les enfants sont des poètes, c'est-à-dire qu'ils ont souvent un sens assez profond du mystère; ils sont dans un monde un peu comme des étrangers qui arrivent
dans un pays où ils n'avaient jamais mis les pieds, et ils regardent autour d'eux avec beaucoup d'étonnement. Le but de l'éducation est de faire peu à peu disparaître cet étonnement en expliquant
à l'enfant le sens de ce qui l'étonne. Et peu à peu il grandit et se sent tout à fait chez lui dans un monde où plus rien ne peut l'étonner. Et c'est ainsi que meurent les
poètes.
Julien Green
"Etre: juste cela, sans discours superflu. Etre, sans aucun recours ni secours du côté du verbe avoir. Etre, dans l'absolu du dénuement, du non-pouvoir, du non-savoir. Etre aussi léger qu'un frêle épi de blé, qu'une fine bruine, aussi immense que le ciel, l'océan. Etre, verbe à conjuguer au point de tangence du présent et de l'éternité. Et s'aventurer dans l'espace en expansion de ce verbe - le plus exigeant et le plus éprouvant de tous les verbes avec le verbe "aimer" - ; cela implique de larguer bien des amarres, à commencer par les passions qui aliènent, les peurs qui enlisent et humilient, la colère et l'esprit de vengeance, de revanche qui usent en vain les forces dont on dispose, le mépris et l'indifférence qui ne sont que des travestissements de la paresse, la haine enfin, qui gangrène et le coeur et l'esprit, les souille et les pétrifie au final.Etre, rien que cela, mais sans mesure ni concession."Evite l'erreur de croire qu'il y a des privationspour qui a pris la résolution d'être.Fil de soie, tu entras dans la trame."
Rilke Les sonnets à Orphée, II, 21"
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Sylvie Germain dans " Etty Hillesum" coll. Chemins d'éternité chez Pygmalion
Le rêve chemine linéairement, oubliant son chemin en courant. La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons.
Gaston Bachelard
"L'homme comme l'arbre est un être où des forces confuses viennent se tenir debout." Gaston Bachelard
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