Au commencement, ça se dilate. Les seins bourgeonnent, ton corps s'épanouit tout en douceur. Ton humeur suit le mouvement, chaque variation est amplifiée. En même temps que dehors ça s'élargit, dedans ça se creuse. Un vide s'expanse. Du creux du vide émerge un corps étranger. Infime présence. Tandis que ça gonfle et que ça creuse, ça pousse. Ca pousse de plus en plus. Et plus tu es grosse plus tu te sens à l'étroit. Ton espace diminue au fur et à mesure que le sien augmente. Toi, tu ne fais rien. Tu ressens, tu observes. Ca se fait, tu n'y es pour rien. Ca pousse. Que tu fasses place ou que tu résistes. Ta volonté n'y est pour rien ni même ton intelligence. Tu es le vase. Ni plus ni moins. Tu accueilles, tu contiens, le temps nécessaire…Même retenir tu ne le peux pas. Le moment venu, il naîtra. Tu n'es que réceptacle et témoin de la création. Tu n'as rien d'autre à faire qu'à laisser faire. Le processus à l'œuvre te dépasse totalement. Tu n'en perçois qu'une infime partie. Tu réalises l'étendue de ton ignorance. Tu t'émerveilles du miracle de la vie. Tu te tais. Tu écoutes. Tu t'effaces.
n'ÊTRE…
18 mars 008
"L'homme comme l'arbre est un être où des forces confuses viennent se tenir debout." Gaston Bachelard
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